enfant-autiste-methodologie

Voici les méthodes employées lors des prises en charges au sein de l’association :

L'approche TEACCH

L’approche TEACCH qui met en avant la notion de structure, consiste à organiser les apprentissages dans un environnement structuré.

A – Les activités

Les activités proposées à la personne sont structurées visuellement, dans le temps et dans l’espace. Les activités et les consignes verbales sont présentées à l’enfant accompagnées d’indices visuels afin de faciliter leur bonne compréhension.

B – Structuration du temps

Des repères temporels (emploi du temps sous forme de photos, images ou pictogrammes [2], réglette symbolisant la séquence d’activités [3]…) sont également proposés à l’enfant, afin de lui permettre d’appréhender le temps (savoir ce qu’on attend de lui à l’instant, anticiper la suite des activités…)

C – Structuration de l’espace

L’espace est organisé de sorte que l’enfant saisisse la fonction des différents lieux dans lesquels il est amené à se trouver (un espace est prévu pour le travail individuel (autonomie ou face à face [4], un autre pour les activités libres, un troisième pour les activités collectives, un autre pour le goûter, etc.).

Les activités à faire, organisées en panières, sont situées à gauche de la personne et les activités terminées sont rangées par la personne dans la caisse « finie » située à sa droite (sens de l’écriture).

D — Structuration des actes du quotidien

La structuration visuelle est également utile pour aider les personnes à accomplir les actes du quotidien afin de décomposer des actions globales en étapes (par exemple : se laver les mains [5]) ou pour rappeler à la personne ce qu’elle doit accomplir dans ce lieu (exemple : dans la salle de bain [6]).

L’approche TEACCH repose également sur l’élaboration d’un programme de travail adapté au niveau de développement de l’enfant dans les différents domaines du développement tel que la communication, l’imitation, la cognition, la motricité, etc.

Ce programme de travail, qui tient compte des centres d’intérêts et des motivations de la personne, est élaboré à partir des évaluations et en adéquation avec son projet de vie. Ce projet personnel, appelé Projet Educatif Individualisé (PEI), est réfléchi en collaboration avec les différents professionnels intervenants auprès de la personne, les parents et lorsque cela est possible, avec la personne concernée elle-même. La collaboration avec la famille est d’ailleurs une caractéristique de l’approche TEACCH.

L'approche comportementale

L’approche comportementale, elle, consiste à :

Décomposer la compétence à acquérir en plusieurs étapes : une petite partie de l’information est présentée à la personne et la réponse attendue est immédiate. Si elle n’est pas produite, alors une aide est apportée à l’apprenant.

Enseigner chaque étape jusqu’à sa maîtrise parfaite : en vérifiant que chaque étape est bien apprise et donc que la personne peut la reproduire avec n’importe quelle personne dans tous les contextes : on parle alors de « généralisation ».

Proposer de l’aide régulièrement au cours de l’apprentissage et estomper cette aide dès que possible.

Utiliser des procédés de récompenses : ces récompenses, appelées « renforçateurs » peuvent être des aliments, des objets ou des actions (exemples : chatouilles, chanson…) appréciés de la personne, qu’elle va obtenir immédiatement ou à distance par un système d’économie de jetons (par exemple : aller à la piscine une fois les tâches ménagères effectuées).

L’approche comportementale repose sur un enseignement de micro-comportements par essais. Chaque essai a un début et une fin (on parle d’essais « distinct »). Lorsque l’essai est un échec, une aide est apportée, lorsqu’il est réussi, il est renforcé. Ainsi, la personne apprend à reconnaître ce qu’on attend d’elle en fonction de la consigne donnée et l’apprentissage est ainsi modelé.

L'enseignement incident

L’enseignement incident (ou l’enseignement dans le milieu) est une procédure qui consiste à attirer l’enfant vers des jeux ou des activités à partir de son environnement immédiat (par exemple, des jouets présents autour de lui), et à solliciter une initiative de sa part pour communiquer (demander ou montrer un objet ou un événement).

Cela permet la généralisation des acquis ainsi que le développement de capacités d’initiatives en réponse à l’environnement (Mc Gee et al, 1999 ; Haelewyck, Magerotte & Montreuil, 1992). Cette approche implique une variété de techniques qui ont deux éléments communs :

L’utilisation, dans un premier temps, d’un environnement structuré afin de donner à la personne la possibilité de faire des choix en faisant des arrangements d’objets ou de jouets motivants pour elle. Le matériel est hors de portée ce qui augmente son intérêt et l’oblige à faire une demande.

L’utilisation de stratégies d’instruction : après une demande de la personne, l’enseignant l’incite afin que celle-ci fasse une demande plus élaborée. Si la réponse de l’apprenant est appropriée, l’enseignant confirme que la réponse est correcte et donne l’objet demandé. Si sa réponse est inappropriée, l’enseignant peut l’aider en lui donnant le modèle de demande approprié.

Contrairement aux pratiques qui placent les apprenants dans un rôle passif où ils répondent aux messages de sollicitations et aux directions de l’enseignant, l’enseignement incident a pour objectif de suivre les réponses de l’apprenant dans une activité en lui donnant l’initiative.

Les méthodologies utilisées permettent de stimuler chez les personnes avec autisme différentes capacités qui sont souvent déficitaires chez eux : comme la communication (verbale et non verbale) ou les relations sociales au travers de l’imitation, du jeu ou de l’attention conjointe. Par l’apprentissage de nouvelles compétences, elles ont aussi pour objectif de limiter les comportements inadaptés (troubles du comportement, stéréotypies, etc.) et d’ouvrir leurs intérêts.